La médaille d’amour Augis : un bijou né d’un poème

La médaille d’amour Augis : un bijou né d’un poème

Certains bijoux racontent une histoire. D’autres incarnent une idée. La médaille d’amour de la maison Augis fait les deux à la fois, depuis plus d’un siècle. Cinq mots gravés dans l’or, deux signes mathématiques, et une déclaration qui traverse les générations sans prendre une ride.

Ce que l’on sait moins, c’est que derrière cet objet discret se cache une vraie rupture dans l’histoire de la bijouterie française : l’invention du premier pendentif laïque entièrement consacré à l’expression d’un sentiment. Pour comprendre comment cette médaille est devenue une icône, il faut remonter à Lyon, en 1907, dans un atelier où un joaillier lisait de la poésie.

Sommaire

Comment la maison Augis a transformé un vers en bijou ?

La maison Augis naît en 1830, lorsqu’Eugène Coquais ouvre une boutique de joaillerie à Lyon. L’affaire passe de génération en génération : son gendre Charles lui succède en 1870, puis son fils Alphonse reprend les rênes en 1896 et donne son nom à l’enseigne. C’est cet Alphonse Augis qui va, onze ans plus tard, prendre une décision qui changera durablement l’histoire de la bijouterie sentimentale.

 

En 1907, il s’inspire de deux vers d’un poème de Rosemonde Gérard pour créer un pendentif en or portant l’inscription condensée : « + qu’hier – que demain ». Il ne s’agit pas d’un motif décoratif de plus. La maison Augis au savoir-faire joaillier français invente ici un rébus poétique gravé dans le métal, un format inédit dans la joaillerie de l’époque.

Quel poète se cache derrière les cinq mots gravés ?

Le vers d’origine est signé Rosemonde Gérard, poétesse française épouse d’Edmond Rostand, l’auteur de Cyrano de Bergerac. Dans son recueil publié en 1889, elle écrit à l’intention de son mari : « Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain. »

 

Ce vers ne décrit pas un état figé de l’amour, mais un mouvement : une progression constante qui s’étire vers l’avenir. Les signes « + » et « – » ne comparent pas deux personnes ; ils matérialisent l’écoulement du temps amoureux. Alphonse Augis, en hommage à Rosemonde Gérard, lui offrit personnellement deux exemplaires uniques sertis de diamants et recouverts d’émail bleu. C’est cette histoire de la médaille d’amour Augis qui en fait l’une des origines les plus singulières de la bijouterie française.

Pourquoi cette médaille représentait une rupture dans son époque ?

Avant 1907, les médailles portées en pendentif relevaient presque exclusivement du registre religieux ou militaire. La médaille de baptême, la médaille miraculeuse, les décorations d’honneur… Le pendentif était un signe de foi ou de rang, jamais de sentiment intime. La médaille d’amour Augis est la première médaille laïque consacrée à la célébration de l’affection.

Cette rupture conceptuelle est importante. Alphonse Augis ne crée pas simplement un nouveau modèle de bijou : il invente une catégorie entière, celle du bijou-message sentimental, dans lequel c’est le texte gravé qui constitue la valeur principale de l’objet. Le dessin de la médaille est délibérément sobre, presque effacé, pour que ce soient les mots qui parlent. Avant Augis, on offrait un bijou beau. Après Augis, on pouvait offrir un bijou qui dit quelque chose de précis.

Comment la médaille d’amour est-elle devenue une icône transgnérationnelle ?

Depuis ses débuts lyonnais, la médaille d’amour a dépassé le cap des deux millions d’exemplaires produits. Elle a traversé deux guerres mondiales, les mutations de la mode et les évolutions du goût sans jamais disparaître des vitrines ni des collections familiales. En mars 2020, Meghan Markle est photographiée portant une médaille d’amour Augis lors d’une visite scolaire à Dagenham, en banlieue de Londres. Ce moment, largement relayé dans la presse internationale, confirme ce que les familles françaises savaient depuis longtemps : ce bijou n’appartient pas à une époque.

 

Aujourd’hui, la maison Augis continue de fabriquer la médaille d’amour en France, dans le respect des procédés artisanaux de ses origines. Elle se décline en or jaune, or blanc et argent, pour homme comme pour femme. Le message, lui, n’a pas bougé d’un signe.

 

La médaille d’amour Augis est l’un des rares bijoux à être né d’une intention littéraire précise, transcrite en objet portable. Ce n’est pas le fruit d’une tendance esthétique, ni d’une commande de luxe : c’est une idée de joaillier qui lisait de la poésie et a voulu que les mots tiennent dans la paume d’une main. Plus d’un siècle après, les cinq mots gravés dans l’or restent ce qu’ils ont toujours été : une promesse en mouvement, qui gagne en sens à chaque anniversaire qui passe.

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