Dans un monde automobile qui bascule irrémédiablement vers l’électrification totale, Ferrari vient de poser un acte de résistance artistique et technique. La présentation de la Ferrari 12Cilindri a fait l’effet d’une déflagration chez les passionnés. Alors que les normes environnementales se durcissent, la firme de Maranello réaffirme son attachement à son architecture la plus noble : le moteur V12 atmosphérique. Mais cette nouvelle création est-elle l’ultime hommage ou le début d’une nouvelle ère pour la performance thermique ?
Sommaire
1. Un design entre héritage et futurisme
La Ferrari 12Cilindri ne ressemble à aucune autre production récente de la marque. Ses lignes, tracées sous la direction de Flavio Manzoni, rompent avec les courbes organiques de la 812 Superfast. L’influence majeure est claire : la Ferrari 365 GTB/4 Daytona des années 60.
On retrouve ce long capot interminable et surtout ce bandeau noir caractéristique entre les optiques avant, qui évoque immédiatement la proue de sa glorieuse ancêtre. Cependant, le traitement reste résolument moderne. L’aérodynamique est active, avec deux volets mobiles à l’arrière qui se déploient pour augmenter l’appui en courbe. C’est un mélange fascinant de nostalgie des années 60 et de technologie de pointe, prouvant que Ferrari sait réinventer ses codes sans jamais se caricaturer.
2. Le V12 atmosphérique : Une pièce d’orfèvrerie mécanique

Au cœur de cette machine bat le moteur F140HD, une version évoluée du mythique V12 à 65°. Les chiffres donnent le tournis : 830 chevaux extraits sans la moindre aide d’un turbo ou d’une hybridation. C’est ici que réside la prouesse. Pour respecter les normes actuelles sans sacrifier la puissance, Ferrari a utilisé des composants issus de la Formule 1, comme des bielles en titane.
Le régime moteur culmine à 9 500 tr/min, offrant une symphonie mécanique que seul un douze cylindres peut produire. La boîte de vitesses à double embrayage à 8 rapports, déjà vue sur la SF90, a été recalibrée pour offrir des passages de rapports encore plus fulgurants. En choisissant de rester fidèle à l’aspiration naturelle, Ferrari offre une réponse moteur instantanée et une montée en régime linéaire, des sensations que les moteurs électriques ou turbcompressés ne peuvent égaler. En savoir plus en visitant cette page.
3. Un habitacle tourné vers l’expérience numérique
À l’intérieur, la Ferrari 12Cilindri adopte une architecture en « double cockpit ». Le conducteur et le passager sont séparés par une console centrale imposante, créant deux espaces distincts et symétriques. La technologie est omniprésente avec trois écrans principaux :
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Une dalle de 15,6 pouces pour l’instrumentation du conducteur.
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Un écran central de 10,25 pouces pour l’infodivertissement.
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Un écran de 8,8 pouces dédié exclusivement au passager, pour qu’il puisse suivre les performances en temps réel.
L’utilisation de matériaux durables comme l’Alcantara contenant 65 % de polyester recyclé montre que Ferrari intègre désormais des préoccupations environnementales jusque dans ses modèles les plus exclusifs, sans pour autant compromettre le luxe et l’exclusivité propre à Maranello.
4. Est-ce vraiment la fin d’une époque ?
La question brûle les lèvres de tous les collectionneurs : la 12Cilindri est-elle la dernière Ferrari de série à embarquer un V12 thermique pur ? Les régulations européennes et mondiales poussent vers le zéro émission, et même Ferrari a déjà entamé sa mue avec la SF90 hybride et la future Ferrari 100 % électrique prévue pour fin 2025.
Pourtant, le constructeur italien semble vouloir prolonger le plaisir aussi longtemps que la loi le permettra. En utilisant des carburants de synthèse (e-fuels), Ferrari pourrait théoriquement maintenir cette architecture en vie pour une clientèle de niche. La 12Cilindri n’est peut-être pas un adieu, mais un témoignage vibrant de ce que l’ingénierie humaine peut accomplir de plus pur avant de changer de paradigme.
